Vous lirez dans tous les bons quotidiens, hebdomadaires etc. et autres blogs des tas de compliments sur les trois concerts parisiens de Gossip.
La rivalité dans la finesse des accroches trouvées devrait d’ailleurs nous ravir, nous amateurs de jeux de mots. J’imagine déjà les «GOSSIP EN CONCERT, BETH EN TRANSE, ELLE FAIT LE POIDS !» ou encore «GOSSIP : UNE BETH DE SCÈNE» ou mieux «GOSSIP EN CONCERT : BETH LE VOLUME !» et enfin un autre réservé au Journal Du Hard de Canal : «GOSSIP EN CONCERT : ENCORE UNE BONNE BETH !»
Vous pourrez, grâce à la verve des journalistes, revivre les concerts à travers leurs commentaires nécessairement dithyrambiques sur l’énergie du groupe, la générosité de la chanteuse, la puissance de sa voix, la qualité de leur composition, etc.
Mais vous découvrirez d’abord comment un groupe de trublions (entre Freddie Mercury et Freddy Krüger) a électrisé et «chauffé» la salle du Bataclan : Oui, en première partie SSION nous l’a mise … la fièvre je veux dire … bande de petits cochons, va !
Poursuivant votre avide lecture vous imaginerez alors comment Beth Ditto (Mary Beth Patterson Searcy), même pas encore arrivée sur scène, avait déjà conquis la salle (alors même qu’elle aurait pu la faire tenir tout entière dans un de ses bonnets … Désolé).
Vous comprendrez enfin pourquoi cette nana-là, elle est terrible, pourquoi on dit d’elle que c’est une tornade blanche qui emporte tous les coeurs dès les premiers octaves envoyés.
Pourquoi le public a oublié pendant 75 minutes qu’il était à Paris et que, OUI !, c’était possible de mouiller sa chemise à en puer, de sauter dans tous les sens, même dans les contre-allées de l’étage supérieur, de sourire à son voisin, de brailler du yaourt parce qu’on a oublié les paroles mais qu’on s’en taAaAAaaaaaaaAaAAapeeeeeuh … , puis enfin de se foutre torse nu, parce qu’à quelques minutes près, on aurait pu voir passer des dauphins (ou des poissons rouges … c’était juste pour faire une métaphore aquatique sur le degré d’hygrométrie élevé du lieu -celui qui a dit «une baleine» prend la porte touzuite !)
Tout cela est mérité, amplement mérité, AM-PLE-MENT (décidément, c’est vraiment trop facile de faire des sales blagues).
Mais ce que vous ne lirez pas, pas même ici, ce sont les mots qui vous feraient comprendre cette foi et cette ferveur que cette fille (portée par un groupe musicalement époustouflant) met dans chacun des instants qu’elle passe sur scène.
Et cette dévotion à la chanson et au show que l’on ressent à chacun de ses délicieux pas de danse et à chacun de ses si élégants déhanchements … et cette profondeur d’âme (t’as vu j’ai pas peur) qu’elle partage avec le public (du ventilo dirigé vers lui pour le soulager de la touffeur ambiante au bain de foule, devenu désormais traditionnel).
Pour peu qu’elle ait eu un discours un tant soit peu mystico-prosélytique je pense qu’elle aurait pu tous nous ramener en son sein (je me retiens).
Bon rassurez vous j’ai pas viré cul-béni et j’ai pas viré ma cuti non plus.
C’est juste que c’était bon, très bon de voir ce groupe se donner à fond (comme on dit), sans compter ses efforts, juste à prendre du plaisir à en donner …
C’est juste que c’était bon, très bon de voir cette salle exploser …
C’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de suer autant à la messe !
Alors :
Si vous n’aimez pas les grosses qui assument,
Si vous n’aimez pas les mecs en sueur et les filles en nage,
Si vous n’aimez pas la musique qui secoue,
Si vous n’aimez pas le Bataclan sous les eaux,
Si vous n’aimez pas finir un concert à bout de souffle,
Si vous n’aimez pas la mer,
Si vous n’aimez pas la montagne,
Si vous n’aimez pas la ville,
…
Allez vous faire foutre.
Pi Patel

Allez, puisqu’il faut bien que quelqu’un la commette, je me dévoue : « Vache, The Gossip, c’est du lourd ».
Et Pi Patel alors ? c’est pas du lourd ? 65 kg tout mouillé mais à mon avis « l’en a dans la culotte « …
Mortelle la chronique ! Du grand art !
Je ne rêve pas, cet article s’achève sur un magnifique clin d’œil aux concerts du feu Professeur Colvert. Bel hommage Monsieur Patel.
Quand je pense qu’une certaine jeunesse s’ébaubit devant un tel spectacle.
A notre époque on les aimait silencieuses et pas aussi gourmandes.