Bon, pas besoin de mettre lien vers mon dernier article pour expliquer d’où donc c’est tu qu’on les connait.
Ou plutôt LE. parce que Lawrence Arabia c’est d’abord un musicien, James Milne, ancien membre de The Brunettes – groupe que je n’ai jamais eu l’occasion d’écouter – néo zélandais. Pas australien.
Il joue avec des tepos trouvés sous des latitudes équivalentes, mais dans l’ensemble son disque il l’a fait tout seul, en Suède. C’est assez étrange parce que ça sonne plutôt ensoleillé avec quelques embruns, pas du tout Scanie-bottes fourrées-harengs marinés.
Les chansons :
Look like a fool
Ca fait un peu peur parce que ça commence a capella, étrange croisement de Kevin Barnes et de Sinatra. Mais après ça part bien et c’est une bonne intro à l’album, malgré son classicisme.
The undesirables
Porte bien son titre, no comment.
Apple pie bed
Tube ! Ca commence tout retenu, un riff d’agrimini. Ca chatouille l’intérieur des oreilles et comme on peut pas se gratter là, on secoue les cheveux, on chante. On a tous envie d’aller passer la soirée à la tool box, d’avoir une moustache, un marcel sous un blouson en cuir, mais quand même des baskets et un jean slim en strass pour montrer qu’on se comprend.
Peut être 2 tours de trop à la fin, mais comme c’est juste pour attendre de la remettre au début, ça va.
Auckland CDB Part 2
Vous vous en doutez, pas besoin de chercher la part 1.
C’est un Vampire Weekend en résidence surveillée à qui viendrait rendre visite Henri Mancini (période Drôle De Dames). Bien réussi !
Beautiful young crew
Certains reconnaitront dans la voix un accent de Miles Coombes qui essaime jusque dans la baie d’Auckland.
Une trompette bien sympa pour un morceau qui prend toute sa dimension en live quand le troupeau panurgien chante en choeur :
We love each other, we hate each other, we’re afraid of each other, because we want to screw each other.
Eye A
Le morceau dragibus. Happyland, village dans les nuages, fanfare gentille d’un hameau de la Comté (celle avec des portes rondes et des petites gens à grandes oreilles et sans chaussures).
Une bourrée pop, sucrée comme un bounty.
The crew of the comodore
L’outro est super bien : des choeurs, un rythme un peu bancal, tout ce qu’il faut. Le reste est moins original. Un peu pilotage automatique. Comme The Whitlams sur leur album orange. ou comme un jazzeux qui poserait une impro en gardant un oeil sur Guingamp – Sochaux.
Fine old friends
BO de film fin 90’s qui veut poper’ rock à bon compte avec du formica en carton sur un fond bleu pour coller ce qu’on veut derrière. Ca n’aurait pas juré sur la BO d’Empire Records. Mais c’est bien quand même.
I’ve smocked too much
Une octave en dessous, ça pourrait figurer sur le Springsteen tribute à Seeger. Mais on se laisse emmener, on met des bottes par dessus nos Repetto parce qu’on sait qu’on va pas loin et que le cheval en fait c’est un poney. Il y a un peu de poussière sur le refrain, des maracas et un tambourin.
Dream teacher
Quand ça commence on imagine le dialogue :
« Hé les copains ! j’ai acheté une reverb’, on fait une chanson un peu onirique ? Regardez, presque pas d’instrument et puis une ligne toute simple…
- Carrément yes ! »
Et puis le refrain commence et là… Pour une fin d’album, ça envoie joli : tristoune, adieu, nostalgie, R-I-P, l’échelle-pour-monter-à-la-fenêtre, le-soleil-qui-se-couche-sur-une-plage-déserte-en-août, on-attend-que-les-étoiles-viennent, Grosquick-est-de-retour, il-y-a-une-pizza-4-saisons-au-congélateur.
J’ai envie de fumer une Lucky Strike et de me gominer les tifs pour draguer Betty Draper quand elle avait 20 ans, l’emmener en Cadillac dans un ciné en plein air.
Ben voila, c’est un disque pas parfait, mais agréable, léger, rafraîchissant.
C’est toujours compliqué de donner envie d’écouter un album, ou de faire une critique positive sans être dithyrambique. Pour celui-là, je dirais qu’il se laisse écouter comme se laisse boire un grand verre de sirop de citron quand il fait bien chaud. C’est un peu sucré, acidulé, ça fait du bien et on en veut encore, même si ce n’est pas un Single Malt.
Pour écouter sur Spotify, c’est là
Nico
