
Une grosse surprise.
Le son d’abord. Enorme, loin de l’aridité de Beat Pyramid. Ample. Sombre, sans être caricaturalement gothique (c’est pas le genre Septic Flesh, voyez…).
Pour comparer, une même chanson dans les deux contextes :
Fire Power (2010) (là, rien sur Spotify, donc juste un extrait)
Alors, ce Hidden…
Tout commence avec un petit orchestre d’harmonie qui joue une intro joliment foutue, très posée, qui se tend à chaque respiration.
Le disque pourrait continuer sous cette forme classique ou virer Sigur Ros sans que cela ne surprenne. Mais c’est l’inverse qui se produit et nous plongeons dans un univers sombre tout de rythme et d’harmonies angoissantes. Les timbres des cuivres et des vents se marient très bien avec les percussions. L’atmosphère est cohérente malgré l’écart entre les deux mondes.
We want war fonctionne très bien et nous tient scotché aux enceintes. Les voix ont un arrière-goût de Björk. Les ex-métaleux verront du Roots (Bloody roots) dans les patterns rythmiques.
Ce morceau (le clip aussi, d’ailleurs) résume plutôt bien l’ensemble de l’album : ambitieux, inattendu, souvent inspiré, souffrant pourtant de mégalomanie et de mauvais goût ça et là (la voix qui répète « We want war » semble tout droit sortie du 5ème élément, l’air de Three Thousand sent le recyclage…).
Le coté mégalo n’apparait d’ailleurs pas seulement au regard de l’envergure du projet, mais est aussi révélé par ces éléments en trop, les erreurs esthétiques, les sons parfois limites. Ils ont l’air (ou il a l’air car en ce qui concerne la composition, c’est visiblement de Jack Barnett qu’il s’agit) d’être un peu trop sûrs d’eux.
Un piano arrive à la 4ème piste sur Hologram. Très original, entrainant, entêtant, à l’énergie contenue. Pas le morceau le plus violent mais surement le meilleur et le plus puissant (je ne m’en lasse pas).
Le suivant (Attack Music) a un riff très efficace, mais les voix sont traitées tantôt avec la légèreté d’Underworld période Trainspotting, tantôt avec la subtilité de Bernard Launois quand il veut faire très très peur (voir ici pour les curieux).
Ca repart mieux pour la suite : Fire power, de l’énergie brute que j’ai hâte d’entendre en live (en avril au Point Ephémère). Orion, un peu pompeux mais à la rythmique efficace. Canticle, reprise de thème pour justifier la facture des soufflants, bien agréable par ailleurs. Drum courts, qui à volume élevé doit pouvoir rendre fou à peu près n’importe qui et ce malgré le très beau Where Corals lie auquel il se confronte. White Chords est composé comme un Idiothèque des années 80 mais toujours avec ce son si particulier qui rend ce disque fascinant.
Tout cela s’achève sur 5, un morceau orchestral ou plane d’abord l’ombre bienvenue de M. Zappa puis les accents lourdeaux de Mike Olfield. Les derniers accords des cuivres le finissent malgré tout honorablement. Sans le résoudre. Comme pour mettre un dernier point d’interrogation à cet album qui laisse perplexe.
Remarquable, original, mais qui tombe parfois dans le piège des arrangements foireux, de la broderie en roue libre. Comparable à un film très beau formellement, à la photographie originale, mais au scénario bancal.
Soyons clair, il a quand même une place dans les étages du haut de ma discothèque.
Nico
Publié le 15 février 2010 parNico
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