
Souvenez-vous ! La première partie de The XX, la fluette Hollly Miranda et son co-équipier Timmy étaient venus nous mettre une bonne claque avant la très bof prestation des Droopy londoniens tout de noir vêtus.
Et bien la revoilà avec un vrai disque rien qu’à elle, producède par Dave Sitek, celui là même qui avait oeuvré sur le très zagréable album de Scarlett Johansson Anywhere I Lay My Head.
J’entends d’ici les jugements à l’emporte-pièce : « Voui, c’est un album de producteur, il ferait sonner hype n’importe quelle bouse, et bla, bla, bla… »
Là, on peut prendre précisément la mesure de son travail car certains morceaux étaient déjà sortis sur le petiot disque maison : Sleep on fire. Alors il suffit de comparer les versions de Wave, Everytime I go to sleep (ça c’est un piège car c’est la même version sur les 2, il semblerait qu’ils l’avaient déjà enregistrée ensemble), Joints… Je voulais vous proposer le comparatif ici, mais comme l’album est sorti, les versions EP ne sont plus disponibles gratuitement. Fichtre !
Une chanson quand même :
Joints (Version album)
Ce qu’on avait aimé dans le concert, c’était l’espèce d’évidence qui émanait de cette formation et des morceaux ainsi présentés. On avait parfois du mal à la retrouver sur l’EP et c’est pire avec l’album. Trop de complicance, de chichis, de matière à cogitation, d’effets de manche.
C’est agréable mais un peu fadasse : les mélodies marquent difficilement, cachées derrière les arrangements. Ca ne s’harmonise pas. Deux mondes séparés, de quoi faire un disque ambient et un autre de pop -songs. Ensemble, ça donne un truc beau mais froid.
Rien ne paraît nécessaire. Ces chansons sont des possibles, des exercices de style autour d’un original toujours absent. Ca fonctionnait bien pour Scarlett car derrière il y avait Tom Waits, et le tout sonnait comme une réinterprétation risquée mais bienvenue.
Là, il manque le référent. Ces versions ne s’imposent pas. Elles nous perdent même en démultipliant les voix de la chanteuse alors qu’un choriste apporte un meilleur équilibre ( forest green oh forest green ou Sleep on fire).
Cette production la dessert plus qu’autre chose, elle essaie de se fondre dans un univers qui n’est pas le sien. La voix est retenue pour entrer dans le cadre, elle est alourdie de fanfreluches et de guimauve.
Comme une jolie fille trop maquillée : ça foire. Comme Mélanie Laurent en robe rouge à la fin d’Inglorious Basterds : Tout y est mais ça ne prend pas.
Ce n’est pas que la simplicité suffise à Holly Miranda, c’est juste ce qui lui sied le mieux.
C’est comme ça qu’elle rayonne.
Nico
Publié le 24 février 2010 parNico
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